anti-inertie de la surface sensible

Il y a des choses sur lesquelles on ne s'arrête pas assez. Des idées reçues considérées comme acquises, comme avérées, et sans alternative. Des situations quotidiennes qui n'inspirent que la fuite plutôt que d'y trouver un intérêt. La parole d'un économiste est-elle nécessairement source de vérité ? En creusant un peu, n'y a t-il pas une autre manière de poser tel ou tel problème social, économique, politique, et entrevoir d'autres issues jusqu'alors non-envisageables ? Prendre le bus, faire la vaisselle, attendre quelqu'un assis sur un banc, ces situations ne peuvent-elles pas avoir un aspect différent si on change notre point de vue sur elles ? Il faut s'y arrêter un moment, et les détourner, les changer de contexte, les transformer, les pousser un peu plus loin.
Des gestes les plus banaux, les plus répétitifs, sans surprise, jusqu'aux conceptions politiques ou informations transmises par le système médiatique, il faut casser l'inertie, venir cogner les positions confortables ou évidentes, pour garder bien éveillées nos surfaces sensibles, et faire émerger du possible, de la conscience, et donc du choix. Du choix dans sa façon de penser, comme dans sa façon de vivre le quotidien. Par répercussion, par "ekko", il faudrait élargir à tout ce qui nous entoure cette possibilité de choisir.
Il s'agit de jeter un caillou dans l'engrenage de la machine, la dérégler et faire surgir l'inattendu, l'imprévisible. Il s'agit de s'interroger sur cette acceptation tacite des choses qui seraient fatalement ainsi et pas autrement. En déplaçant le regard, en le surprenant, peut naître un espoir de mettre en vie, en mouvement, en lumière, ces quotidiens, surfaces, objets qui semblent pourtant mornes, inertes, sombres. Peut-être une rencontre autre, inhabituelle, surviendra-t-elle. Une rencontre avec ces choses qui surviendrait d'un éclairage juste légèrement différent à leur endroit. Et peut-être alors qu'une douce folie, neuve, inattendue, serait remarquée, voir même recherchée, au coeur du commun, de l'habituel.
Sur cette base de réflexion, deux danseuses, deux musiciens et un comédien (distribution en cours) se réinterrogent et nous réinterrogent avec les moyens d'expression qui leur sont propres. Lutter contre cette inertie, réinvestir le quotidien, tenter de transformer, développer, détourner les situation a priori inertes, à coups de corps, de sons, et de mots. L'objectif est de venir chatouiller, éveiller des zones inertes des surfaces sensibles de chacun. L'espoir le plus fou serait que l'ekko aie un prolongement.
Equipe :
Nicolas Pointard (Musicien - batterie)
Gwenola Rozec (Danseuse)

Simon Le Doaré (Mise en scène)